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La Filature : quand une ancienne usine textile devient un tiers-lieu dédié à l'artisanat

D'après Le Courrier, l'ancienne usine textile « La Filature », installée à l'entrée de La Sarraz dans le district de Morges, s'est muée en un espace collaboratif entièrement dédié à l'artisanat…

La Filature : quand une ancienne usine textile devient un tiers-lieu dédié à l'artisanat

D'après Le Courrier, l'ancienne usine textile « La Filature », installée à l'entrée de La Sarraz dans le district de Morges, s'est muée en un espace collaboratif entièrement dédié à l'artisanat d'art, à la couture et aux ateliers créatifs. Pour nous qui aimons faire durer nos matières et transmettre un tour de main, ce genre de reconversion est une nouvelle qui parle directement à notre établi.

Une filature qui reprend vie au bord de la Venoge

Le site raconte son histoire avant même qu'on en pousse la porte: deux inscriptions suffisent à la résumer — « La Filature » et « Drafil.ch ». La Venoge, qui fournissait autrefois la force motrice à l'entreprise, a cédé la place à une autre énergie, celle des mains qui se croisent aujourd'hui dans les ateliers. Ce que nous retenons en couture, ce n'est pas la nostalgie d'un métier à filer disparu, c'est la logique du lieu: on ne se contente pas d'exposer de vieilles machines, on transforme l'endroit en atelier partagé où l'on vient vraiment coudre.

Concrètement, cela veut dire qu'on y pose ses épingles sur un plan de travail à bonne hauteur, qu'on y trouve d'autres mains prêtes à tenir un patron pendant qu'on faufile une parementure, qu'on y défait proprement une couture pour la remonter plutôt que de tout jeter. Voilà l'esprit dans lequel une ancienne fabrique de duvets peut continuer à « remplir »: non plus des couettes, mais des têtes bien faites et des savoir-faire transmis.

Ce que ce tiers-lieu change pour notre pratique

Une filature reconvertie, ce n'est pas un symbole vide. C'est la promesse d'un accès facilité à des machines qu'on n'a pas toujours chez soi — un surjet pour assembler un jersey sans frisottis, peut-être une recouvreuse pour finir une housse de coussin sans main experte, parfois même de quoi broder une initiale sur un col retiré. C'est aussi, et surtout, la possibilité de récupérer des chutes autrement qu'à la poubelle: un coupon de toile, une bande de doublure, un reste de molleton qui attend son geste.

Nous qui cherchons à allonger la vie d'un lainage, à détourner un vieux drap en housse de machine, à transmettre un point plutôt qu'à racheter, nous avons précisément besoin de ces lieux. Ils font le lien entre la matière brute, le geste juste et la durée — exactement le triptyque que nous défendons à l'atelier.

Ce qu'on peut déjà guetter, et le réflexe à garder

Si vous passez dans la région de Morges, restez attentive aux prochains ateliers annoncés: une ancienne fabrique qui devient un lieu partagé se traduit très vite en sessions de couture ouvertes, en rencontres autour de l'upcycling, et probablement en un fonds de petits métrages à prix doux pour celles et ceux qui aiment transformer plutôt que consommer.

En attendant d'y pousser la porte, le réflexe reste le même: on épingle solidement, on bâtit à grands points pour pouvoir rectifier, on surfile chaque bord avant l'assemblage définitif. C'est précisément cette rigueur du geste qui donne aux lieux comme La Filature tout leur sens — et qui fait que nos pièces, elles, tiendront plus longtemps que le dernier gadget à la mode.